Embarquement refusé pour notre retour en France

Écrit par Cyril   
19-07-2009
 

Aéroport Lima - 21h20
Article gracieusement offert par la compagnie aérienne Iberia.

Il est 11 heures à ma montre et l'avion qui devait nous permettre de rejoindre Paris à 18 heures 30, heures française, doit certainement être sur le point d'amorcer sa descente vers Orly. Je devrais donc être en train de régler ma montre en lui rajoutant les 7 heures de décalage qu'il y a entre Lima et Paris. Malheureusement, ma montre dit vrai, il n'est toujours que 11h, et c'est encore le fuseau horaire du Pérou qui va temporiser nos prochaines heures, nos prochains jours.

Ce problème d'espace temps est tout simplement dû au fait que nous n'avons finalement pas pu prendre l'avion, son accès nous a été refusé pour un simple bout de papier.

Nous n'avons finalement pas pu embarquer dans l'avion qui devait nous ramener sur le continent européen. Mais dans quel contexte prenions nous cet avion ?

Il y a maintenant près de 3 mois, nous avions été victimes du vol de l'un de nos sac. Dans ce dernier, nous avions notre pochette contenant nos billets d'avion pour le retour. Nous avions effectué une déclaration à la police et nous étions rendu dans une agence aérienne LAN afin de tenter de faire rééditer nos billets. Nous possédons un billet tour du monde acquis auprès de l'alliance OneWorld, mais plus particulièrement managé par la compagnie aérienne Australienne Qantas.

Afin de régler ce problème de vol, il nous aurait fallu nous rendre à une agence Qantas, sauf qu'en Amérique du sud, elles sont très rare, tout du moins, aucune n'a été sur notre itinéraire pourtant assez diversifié depuis Buenos Aires. Nous avons donc visité plusieurs agences LAN, compagnie partenaire de l'Alliance OneWorld, et les discours sont à chaque fois contradictoires, mais sur un point ils sont formels, ils ne peuvent rééditer un billet Qantas. Ils nous informent que comme notre dernier avion est assuré par Iberia, cette compagnie devrait elle être en mesure de rééditer notre billet. Ça tombe bien, Iberia possède une agence à l'aéroport de Lima (enfin, c'est ce que l'on nous avait dit). L'un des appels téléphoniques au service client de l'agence Qantas nous rassure cependant : une photocopie peut très bien faire l'affaire. Ouf !

Nous ne pouvions donc pas faire autrement que d'attendre les derniers jours pour régler ce problème.

C'est donc un peu stressés que nous arrivons à l'aéroport, cinq heures avant le départ de notre avion. En fait, aucune agence Iberia n'existe dans l'aéroport, nous devons donc attendre l'ouverture du Check In (Enregistrement des bagages) pour entrer en contact avec des agents d'Iberia.

Nous sommes les premiers dans la file d'attente qui s'allonge à mesure que le temps passe. L'enregistrement est ouvert, et nous présentons nos passeports à l'hôtesse au sol qui nous tend nos cartes d'embarquement sans nous avoir demandé nos tickets. Nous avions effectué en prévision une impression de scan de nos billets, mais rien ne nous a été demandé. Les passeports ont suffit à trouver les réservations à notre nom. Nos bagages partent sur le tapis roulant en direction de la soute et nous, contents d'avoir passé avec succès cette étape, nous dirigeons vers le terminal d'embarquement. Tout nous souri : aussi bien au bureau du paiement de la taxe d'aéroport (U$ 31 par personne), qu'à la douane ou encore au contrôle de l'immigration, nous passons en priorité du fait de la présence des enfants.

Nous avons dépensé au centime près tous nos Soles (monnaie péruvienne) et nous asseyons sur les premiers sièges venus avant de vérifier le numéro du quai d'embarquement sur nos tickets d'embarquement. Quai 17, exactement celui devant lequel nous sommes, d'ailleurs un avion Iberia s'en approche, c'est le notre, celui dans lequel 4 places nous sont réservées.

Nous sommes très impatients de retrouver notre famille après 10 mois de séparation. Nous avons deux heures à attendre avant l'embarquement, mais pourrons sans trop de mal nous en accommoder !

"Mister guiorgiote ?" me lance une hôtesse arrivant à notre hauteur.
Je reconnais derrière le masque blanc anti grippe A, l'hôtesse au sol qui s'était occupée de l'enregistrement de nos bagages.
"Heu... oui ?" répondis-je d'un air interrogateur.
"Avez-vous vos boarding pass ?"
"Oui"
"Pouvez-vous me les donner ?" lance-t-elle comme un flic demande un permit de conduire à un automobiliste avant de lui indiquer pourquoi on l'interpelle.

Je les lui donne. Elle me demande ensuite les tickets d'embarquement, ceux-là même qui nous ont été volés. Je lui tend la photocopie en lui expliquant succinctement l'histoire du vol. Elle s'éclipse une dizaine de minutes afin d'apporter ce document à son supérieur.

Les cinq heures suivantes ont été les pires de tout notre voyage.

Elle revient en indiquant que la photocopie ne peut pas être acceptée et qu'il faut que nous ressortions, que nous ne pourrons pas prendre l'avion ce soir.

A ce moment là, je vous garantis que beaucoup de choses passent par la tête. Le fait de ne pas prendre l'avion ce soir, d'ailleurs le seul avion Iberia à cette destination de la journée, c'est synonyme de ne pas revoir tout de suite notre famille et nos amis. Pendant les quatre derniers jours passés à Lima, nous n'avons eu qu'en tête ce retour. Nous avons certes un peu visité le centre ville, mais nous n'avons pas été d'une efficacité touristique remarquable. Ne pas prendre l'avion, c'est allonger ce moment d'attente, c'est tout simplement inimaginable pour nous.

Je pars donc seul avec l'hôtesse qui me conduit à son supérieur. Pour cela, il me faut passer à nouveau par le contrôle de l'immigration, mais dans le sens inverse et le tampon de sortie du Pérou sur mon passeport reçoit un gros "Annulado". J'ai préféré y aller seul afin que nous ne nous retrouvions pas tous les quatre dehors, lâchés comme des chiens. Là, au moins, Perrine et les filles restent dans la salle d'embarquement, comme un pied toujours présent vers le retour en France.

La supérieur de l'hôtesse, située au niveau de l'enregistrement des bagages, est stricte : si l'on veut partir avec l'avion du soir, comme prévu, les originaux des tickets sont nécessaires, ou sinon, il faut acheter de nouveaux billets. Elle m'indique le tarif unitaire de U$ 1200. Je suis prêt à payer si j'ai l'assurance de me faire rembourser au retour en France, par Qantas. Car notre billet, nous l'avons bel et bien payé. Il s'agit uniquement que d'un simple bout de papier, le ticket d'embarquement, que nous n'avons plus. A l'heure où la majorité des billets sont maintenant "électroniques", c'est à dire justement que le ticket papier n'existe plus et que le seul passeport suffit, pour notre cas, il n'en est rien, ces tickets originaux sont nécessaires. Honnêtement, l'hôtesse m'informe que si j'achète de nouveau billets, ceux-ci ne seront certainement pas remboursés par Qantas.

La négociation ne débouche pas. Auncune compassion, même à l'égart d'une famille avec deux enfants et 10 mois de voyage dernière nous, et l'hôtesse est priée d'aller chercher Perrine et les filles.

Nos bagages vont nous être rendus, et l'on nous promet de nous donner l'adresse de Qantas sur Lima afin que nous puissions régler ce problème par nous même.

Il est 20h locale, dans un pays où les problèmes de sécurité ne sont pas un mythe. D'ailleurs tous les rapaces de chauffeurs de taxi rodent dehors. "Notre" avions a maintenant décollé depuis 10 minutes, avec une rangée de quatre sièges côte à côte vides.

Je retrouve Perrine et les filles. Je vous passe les détails de l'état psychologique de la maman. Amélie et Alix sont fortes. Je tente de leur expliquer la situation : c'est chouette, nous avons gagné quelques jour de voyage supplémentaires.

Oui, parce que pour faciliter nos démarches, le temps qui passe n'est pas vraiment avec nous. Nous sommes samedi, le lendemain étant donc un dimanche, l'agence Qantas est donc... fermée. Il nous faudra attendre donc lundi pour voir comment la situation pourra s'arranger.

Entre temps, il nous faut trouver un hôtel, un taxi, trouver le moyen de paiement de tout ça, puisque nous n'avons plus de liquide sur nous.

Nous décidons de faire un sitting dans les bureaux d'Iberia où se trouvent les hôtesses au sol, une fois l'avion décollé. Nous souhaitons un peu d'aide, notamment concernant l'hébergement ainsi que la sécurité de notre famille. Nous aurons face à nous un mur et je devrais demander explicitement de l'eau pour nous rafraichir. Notre situation pousse deux hôtesses à aller acheter quelques gâteaux pour les filles et l'une viendra m'aider à trouver un hôtel au poste d'information de l'aéroport.

Finalement, après plusieurs tentatives, un hôtel a une chambre de libre, trois fois plus chère que celle de l'hôtel où nous avions séjourné jusqu'à présent à Lima qui était lui complet. Il nous faudra donc retirer de l'argent à un taux inintéressant et payer un taxi deux fois et demi plus cher qu'à l'aller afin de nous rendre dans l'hôtel pour pouvoir enfin nous reposer de cette soirée dont on se serait bien passée.

A l'heure où je termine cet article, nous aurions dû déjà avoir retrouvé notre famille et les embrassades qui vont avec. Des larmes de joie auraient certainement coulées sur nos joues.

Cependant, elles coulent effectivement, mais c'est d'un autre sentiment dont il s'agit.

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Commentaires utilisateurs (12) Fil RSS des commentaires
Posté par sandy, le 19-07-2009 22:55, , Invité
1. Je suis folle de lire ça......mes pauvre
Je vous souhaite plein de courage,je comprend que vous devez être vraiment très en colère et très tristes...tout ça à cause d'un "connard"de voleur...je partage votre tristesse et encore une fois prenez patiente, bientôt vous retrouverez votre famille,même si cela vous semble très long,gros bisous
 

Posté par Mel P, le 20-07-2009 07:22, , Invité
2. de tout coeur avec vous!
Seul gros HIC qui intervient à la fin de votre beau voyage... Espérons que vous pourrez embarquer ce soir. 
Bon courage, et vivement votre retour! 
Mél
 

Posté par lefevre corinne, le 20-07-2009 09:13, , Invité
3. dommage
Dommage de terminer un tel séjour sur une si mauvaise note. Désolée pour vous. Suis de tout coeur auprès de vious, et suis triste que cela s'arrete déjà. Vous faites partis de notre univers maintenant. Continuez à nous donner de vos nouvelles, bisous à vos 2 jolies filles qui ont bien poussées. Bon retour en famille. Dans l'attente de vous lire. Corinne
 

Posté par MARSTEAU, le 20-07-2009 09:33, , Invité
4. retour en France
On espère que vous allez rentrer très bientôt, après un si long voyage qui s'était très bien déroulé, j'imagine dans quel état d'esprit vous devez être.Toute le monde vous attendait avec impatience. 
A très bientôt Bon courage 
Rolande et Jacques
 

Posté par stephane Bry, le 20-07-2009 10:22, , Invité
5. vous en rirez
vous en rirez plus tard...beaucoup plus tard. 
Ou alors on viendra vous voir une fois que vous serez définitivement installé là bas. 
 
L'élevage de chévre peut être un bon filon ;o) 
 
Bon courage en tout cas. 
 
Famille BRYLINSKI 
 
PS Du coup pour le 25 on fait ça en France ou au Pérou
 

Posté par Florence, le 20-07-2009 10:30, , Invité
6. courage
je vous suis depuis le début de votre voyage et, c'est bête, mais je suis tellement avec vous dans ce voyage que les larmes me montent aux yeux devant votre mauvaise expérience... j'ai aussi 2 filles et nous voyageons aussi et je comprends tout à fait les sentiments que vous pouvez ressentir; tenez-nous au courant de l'évolution, j'espère que tout va rentrer dans l'ordre au plus vite... 
Florence 
voyageuse et maman.
 

Posté par sophie, le 20-07-2009 10:58, , Invité
7. sas du retour
bon, je suis triste de voir que vous ne pouvez rentrer chez vous...surtout que vous nous avez offert un voyage tout au long de ses 10 mois, merveilleux, magique. La terre est belle. Vraiment merci pour ce rêve et pour les cartes (c'est notre facteur qui est vert). 
bon retour à vous quatre et encore merci.
 

Posté par Gourgeot Martine, le 20-07-2009 11:48, , Invité
8. tenez bon !
en effet votre famille vous attend mais vous accompagne aussi dans vos problèmes que nous comprenons tout à fait. Tenez bon dans vos démarches, très bon courage pour les affronter. Gros bisous à tous les 4, c'est bientôt que l'on vous embrassera pour "de vrai" !
 

Posté par Françoise, le 20-07-2009 12:09, , Invité
9. courage courage
j'espère de tout cœur que vous allez rentrer bien vite retrouver tous vos proches ! 
à très vite de vos nouvelles
 

Posté par smahane, le 21-07-2009 08:50, , Invité
10. oh non!!!
je vous suis régulièrement depuis la tasmanie, découvre avec plaisir vos articles fournis et vos magnifiques photos. Je n'ai rien dit quand j'ai lu l'article du vol en Argentine, car j'étais vexée qu'il puisse (vous) arriver quelque chose là-bas: c'est une ville que je connais bien et où il ne m'est jamais rien arrivé tout le temps que j'y suis restée (longtemps!). Et là de voir que les conséquences de cet épisode vous ont plongé dans un désespoir ô combien compréhensible me navre complétement. Quelle immense déception, sans compter le lot d'organisation qu'il faut refaire l'effort de faire. Je suis tellement désolée pour vous de cette dernière touche finale si absurde et rageante... J'espère qu'à l'heure où j'écris vous êtes en train de régler vos montres, en train de sentir l'adrénaline du retour si forte qu'elle efface déjà un peu cette dernière mésaventure. Bon retour parmi les vôtres! Et au plaisir de vous relire!
 

Posté par M.Cottet, le 21-07-2009 10:03, , Invité
11. Courage!
Ce n'est que partie remise! Ne vous inquietez pas... vous serez bientôt de retour en France et toute cette histoire sera bientôt une anecdote de plus à raconter. 
Tenez nous au courant de la suite. J'espère que tout va rentrer dans l'ordre facilement. 
Je vous suis depuis 10 mois: quelques jours de plus imposés ne suffiront pas à laisser un mauvais souvenir pour ce superbe voyage! 
 
Bisous et courage à toute la famille. 
 
Mathieu
 

Posté par sellier chantal, le 05-09-2009 19:46, , Invité
12. merci
j'ai découvert votre site il y a seulement quelques jourss et je le lis avec passion et un grand intérêt j'espère que vous êtes rentrés dans votre famille et que ces derniers jours au Pérou sont un peu oubliés mais quelle merveilleuse aventure vous avez vécu et comme vous nous l'avez bien raconté. J'espère que je pourrai voir bientôt les métiers de la rue en Bolivie et les photos qui vont avec car apparamment il y a un problème pour les lire, mais j'espère que votre récit restera encore quelque temps sur internet car je le relirai surement avec grand plaisir. merci de nous avoir faitpartager d'aussi belle manière votre voyage. signé : une grand'mère passionnée par l'amérique du sud et principalement la Bolivie ou est né l'un de mes petits enfants à Noël 1995
 

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