Cent jours de voyage

Écrit par Cyril   
26-12-2008
 

 

J+100

 

Cela fait maintenant cent jours que nous sommes partis. Comment vivons nous ce voyage dans sa globalité ? Est-ce conforme au rêve qui nous a guidé ces trois dernières années ? Quelles sont les difficultés rencontrées, les bonnes surprises. Qu'est-ce que nous apporte ce voyage ?

"Nous partons faire le tour du monde". Un choix que nous étions fiers d'affirmer et qui nous a permis de bâtir un projet familial dont la préparation nous aura occupée pendant près de trois ans. Trois années à se projeter, à faire une sélection des lieux que nous souhaitions visiter, à élaborer un fil conducteur, à réfléchir à la manière de réaliser ce tour du monde, de le valoriser.

Car au delà du voyage en lui-même, nous souhaitions partager nos découvertes touristiques ainsi que notre ressenti au quotidien dans ce long périple loin de chez nous. Ce site internet en est la première réalisation concrète. Relatant nos préparatifs dans un premier temps, nous avons réussit à trouver notre rythme de publication d'articles pendant le voyage. Ce n'était pas gagné. Avant le voyage, beaucoup de choses à faire, mais les moyens informatiques sont présents et de bonne qualité pour pouvoir blogger. Et finalement, nous arrivons à recréer ces conditions en voyage, par le matériel emporté et les connexions internet trouvées un peu partout.

Ce besoin, car c'en est un, de raconter, de décrire, d'écrire, nous permet de partager notre voyage. Il fait partie intégrante de ce périple. Il arrive même que nous pensions à l'article qui sera écrit pendant que nous vivons tel ou tel événement. Drogué ? Non, simplement une nouvelle passion, les "journalistes" enfouis en nous se réveillent. Et puis les nombreux messages de sympathie, les commentaires laissés sous nos articles ou dans le livre d'or nous encouragent à continuer de vous conter nos aventures.

Ces trois mois de voyage sont passés à une vitesse folle. Nous le savions, mais ça passe vite. Tout comme lorsque nous étions en France finalement. Étrange, Einstein m'avait enseigné quelques notions relativement différentes, le fait de voyager dans l'espace influant sur le temps. Peut être faudrait-il en fait voyager plus vite pour en voir les effets ? Mais dans ce cas nous arriverions à destination plus tôt que prévu. M'enfin...

Un tiers du voyage est derrière nous, avec le continent asiatique, mais la bonne nouvelle, c'est que deux tiers sont devant avec l'Océanie et l'Amérique du Sud. Les quatre territoires visités avaient tous leurs spécificités. En terme de culture bien entendu, mais également au quotidien, pour nous en terme culinaire, d'hébergement, de transport. Car ce sont bien ces trois composantes qui ponctuent les journées du voyageur.

A Pékin, nous n'avions pas à nous inquiéter de l'endroit où nous allions dormir le soir, l'appartement étant loué pour le mois complet. La présence d'une cuisine nous a permis de nous concocter nous-mêmes une bonne partie de nos repas. Quelques restaurants agrémentaient certaines soirées. Il était cependant moins cher de manger au restaurant que d'acheter en supermarché des produits à préparer. Ceci sera d'ailleurs également vrai pour Hong-Kong et encore plus flagrant à Bali où un simple paquet de chips peut valoir le prix d'un plat complet servi au restaurant... pour quatre personnes. Concrètement ? Ben le paquet coute dans les 60 000 Roupia (4 €), alors qu'un Nasi Goreng peut être trouvé à 15 000 Roupia. En Inde, nous sommes restés une bonne partie du séjour dans une guest house, en pension complète, ce qui nous a dispensé de courses alimentaires. Vu les conditions sanitaires déplorables, cela était parfait. Le reste du séjour indien aura été fait dans quelques hôtels, un à Agra et un autre à New Delhi. Là encore, pas de cuisine à faire. Remarquez, moi ça m'arrange bien, vu qu'au début du voyage, nous nous étions partagés les tâches ménagères : je m'occupe de la vaisselle et Perrine de la lessive ;-)

A Hong-Kong le restaurant était le roi avec quelques soupes que nous nous faisions dans notre chambre grâce à la bouilloire mise à notre disposition. A Bali nous n'aurons fait que des repas au restaurant.

L'hébergement est toujours réservé à l'avance. Enfin, si l'on m'accorde le fait que me présenter à l'accueil d'un hôtel pour savoir s'ils ont des chambres de libres pour les 3 prochaines nuits peut être considéré comme une réservation. Oui, les 2 dernières nuits sont bien réservées à l'avance, non ?

Au début du séjour à Bali, nous tentions d'envoyer un petit mail un ou deux jours avant. Quant on voyais qu'ils n'avaient généralement pas vérifié leurs mails à notre arrivée, nous avons abandonné ces envois, d'autant que ce n'est pas la foule ici, nous avons toujours eu de la place, à part peut-être à Sanur pour ces périodes de fêtes où j'ai passé une petite après-midi à aller d'hôtel en hôtel à la recherche d'une chambre disponible 7 nuits d'affilées.

Non, vraiment, jusqu'à présent, le principal stress est celui du transport quotidien. A Pékin, le métro était un véritable bonheur. Sans dépendre de qui que ce soit, nous nous déplacions en tout anonymat et comme bon nous semblait, à l'heure souhaitée et où nous voulions. De plus le prix du billet était dérisoire. En Inde, nous avons mis du temps à nous faire aux rickshaw, mais c'était bien pratique. Il fallait juste passer l'étape de la négociation, quitte à en consulter 3 ou 4 avant que l'un d'eux accepte notre tarif. Cependant, lorsqu'il fallait se déplacer avec tous nos sacs, il fallait là bien souvent faire intervenir un taxi, et c'est pas toujours simple d'en réserver un quand on a pas de téléphone local. Et l'attente de celui-ci dans un pays où l'on est sur de rien n'est pas très confortable. Mais ces expériences ce sont finalement toujours bien déroulées. La confiance montant, nous avons même pris des rickshaw les 2 derniers jours à Agra et New Delhi pour nous déplacer depuis et vers les gares. A Hong-Kong, le tramway était très pratique et peu cher. Le métro, plus couteux, nous a cependant permis d'aller à certains endroits éloignés du centre, et le bus pour faire les trajets depuis et vers l'aéroport. A Bali, ça se corse. Nous sommes certes submergés de propositions de transports par de nombreux chauffeurs, mais il n'existe pas de transport réellement public au sens bus par exemple. Une compagnie de bus est cependant présente dans quelques villes, mais n'est pas facilement accessible. Le type de voyage que nous avons décidé d'entreprendre, par des liaisons aériennes entre les pays et le sac à dos sur les épaules le reste du temps est bien différent de voyages autour du monde en véhicule type camping car. En camping-car, pas de stress de trouver un hébergement et surtout pas de stress concernant le transport. Les déplacements peuvent être plus fréquents, il est alors possible de visiter "l'arrière pays", de s'écarter des villes, etc. C'est un type de voyage que nous n'avions pas souhaité faire, car en contre partie, ça oblige à conduire souvent, avec la fatigue qui va avec. Et en 10 mois, si l'on souhaite faire le tour du monde, faut bien conduire 300 km par jour... Hors de question. Mais c'est comme ça dans tout, y'a des avantages et des inconvénients. Nous profiterons des avantages du camping-car lorsque nous serons en Nouvelle Zélande.

Une notion non négligeable dans un voyage est le climat ainsi que la météo. A Pékin, nous avons été en polaire, et depuis l'Inde nous sommes en T-shirt. A Bali, en maillot de bain sur la plage et à la piscine. Les filles comprennent bien, du moins en apparence, qu'en France c'est l'hiver et qu'il neige. La suite de notre voyage se déroule dans l'hémisphère sud, c'est donc l'été qui commence.

Alors, conforme à nos attentes ce voyage ? Personnellement, ce que nous vivons au quotidien, je ne me l'imaginait pas ainsi avant le départ. Mais c'est un pur bonheur. Nous ne faisons pas du tourisme 100 % du temps, aménageant beaucoup de moments tranquilles pour les filles, mais lorsque nous regardons ce que nous avons fait en 3 mois, nous n'avons en fait pas l'impression d'avoir chômer. C'est aussi et certainement cette densité moyenne de tourisme dans ce voyage qui nous laisse le temps de rédiger des articles pour le site.

Question budget, nous sommes globalement conformes au prévisionnel. Ayant sous estimé Hong-Kong, mais un peu surestimé l'Inde.

Et les enfants dans tout ça ? Quel est leur bilan, comment vivent-elles le voyage ? Cela nécessite en fait un article qui y sera dédié. Elles ont l'air de bien vivre ce voyage. Elles sont très curieuses, nous posent beaucoup de questions sur ce que l'on voit, les différences avec la France, etc. Elles nous suivent avec plus ou moins d'entrain et sont contentes de ce que nous entreprenons. Peut-être grâce à un travail psychologique quotidien de persuasion ;-) Que ce soit en voyage ou à la maison, des enfants ça aime jouer mais également chahuter, embêter sa sœur, pleurer, etc. Ici donc pas d'exception, la gestion des filles au quotidien prend du temps et demande pas mal d'énergie. Peut-être plus que ce que nous pensions. Le père Noël est cependant bien passé hier matin, elles sont donc très contentes de faire parlers leurs nouvelles petites poupées et appeler leurs grand-mères avec leur téléphone portable de princesse. Il va maintenant falloir trouver où ranger ces nouveaux jouets. Bons, pas trop d'inquiétudes cependant, ils ont bien voyagé depuis Hong-Kong, mais le transfert de mon sac vers les leur devra surement se faire aux dépends de certains anciens jouets.

Nous notons à chaque enregistrement de nos bagages dans les aéroports, leur masse. Elle de cesse de croitre. Pas de beaucoup, mais nous mettons bien en pratique le fait que la nature a horreur du vide. D'ailleurs parmi les affaires emportées, il y en a certaines que nous n'avons jamais utilisées. Et ce n'est pas forcément les moins encombrants, comme nos 4 duvets ! Oui, vous allez sauter au plafond en réalisant que nous avons emporté des duvets. Rassurez-vous ils sont très petits et légers. 600 g l'un pour un volume proche du litre. Le type d'hébergement (appartement et hôtels) que nous avons effectué jusqu'à présent ne nécessitait pas de tel sac de couchages. Il en sera cependant surement autrement si nous faisons des auberges de jeunesse (ce qui n'est pas gagné vu qu'elles n'acceptent pas les enfants de moins de 5 ans) ou des hôtels d'entrée de gamme en Amérique du sud. Nous ne portons cependant pas souvent nos sacs sur le dos, uniquement lors des changements d'hébergement ou transferts vers un autre pays et ils sont très agréables à porter. C'est aussi très agréable de les poser à terre après une heure à les avoir eu sur les épaules.

On dit d'un voyage au long cours qu'il marque, qu'il transforme ses hôtes. Je ne doute pas de revenir dans 7 mois, avec un état d'esprit qui aura évolué. Parmi les voyageurs que nous rencontrons, lors de notre périple ou par l'intermédiaire d'internet, je pense que l'on peut facilement identifier deux objectifs de voyage :

  • ceux qui partent pour fuir leur vie d'origine, cela peut être le pays en lui même qui ne leur convient pas, leur job, leur vie familiale, etc. et donc tenter de trouver ailleurs ce que leur pays n'a pas réussit à leur donner.

  • ceux qui partent pour découvrir le monde, avec la la ferme intention de revenir.

Nous faisons partis du second groupe. Les pays que nous découvrons nous émerveillent, nous montrent qu'il n'y a pas qu'une seule façon de vivre mais bien des milliers, nous permettent de rencontrer des personnes que nous n'aurions pas eu l'occasion de côtoyer en restant en France. Mais également, nous montrent combien nous avons de la chance en France, d'un point de vue droits, moyens, infrastructures, culture, diversité, travail, loisirs, éducation, etc. Et de ce fait, nous aurons plaisir je pense à retrouver la France au bout de 10 mois de voyage. Certes, il y aura certainement un petit (gros ?) pincement au cœur, mais des projets nous attendent, nous en parlons d'ailleurs régulièrement avec Perrine. Son boulot, où nous irons habiter, mon future travail, et bien d'autres projets.

Et puis certainement l'envie plus grande qu'avant de voyager.

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Commentaires utilisateurs (3) Fil RSS des commentaires
Posté par valérie souchet, le 26-12-2008 14:14, , Invité
1. 100 jours, waouououh!!!
Déjà 100 j que l'on vous suit avec toujours autant de plaisir. Merci encore pour la richesse du site. 
Le sapin avec les crocs était super, le nôtre était plus traditionnel! Gros bisous à vous 4...et à Doudou! A + ...
 

Posté par Mél p, le 27-12-2008 05:43, , Invité
2. L'heure du bilan...
Quelle joie de lire ce bilan des 100 jours!!! Déjà 100 jours que l'on vous suit de près... On angoisse avec vous quand la situation n'est pas formidable, on rit des réflexions des filles, on s'émerveille de vos paysages... Vous apprenez bcp de choses, mais nous sommes aussi touchés par votre aura! 
Grosses grosses bises, et merci encore de partager tout ça avec nous 
Mél
 

Posté par winnie, le 31-12-2008 09:33, , Invité
3. 100jours en fin d'année
Merveilleuse histoire en train de se construire! Vous voilà à 4 aux terme des 100 premiers jours et de l'année 2oo8 ! Continuez ! C'est avec plaisir qu'on vous lit, qu'on vous suit qu'on vous observe ! On pensera à vous le 3 janvier lorsque Grain de Phonie fêtera son nouvel an! Bises Winnie
 

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