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Tentative de reportage de haut vol

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Écrit par Cyril   
04-06-2009
 

En tenant à jour un carnet de voyage sur internet, nous nous efforçons de relater nos diverses activités touristiques. Afin de pimenter quelque peu les récits, nous tentons régulièrement de tester des activités nouvelles et originales. A Rio, l'agence "Sensationas fortas" nous en proposait un panel assez important. Mais ni la descente en rappel des parois du pain de Sucre, ni le saut à l'élastique depuis l'hélicoptère pour aller embrasser le Christ, ni même le saut en chute libre avec devoir d'aller récupérer le parachute dans la main du Christ ne me paraissaient fournir de réelles sensations fortes. J'ai finalement pris l'option extrême, celle du reportage photo sur la célèbre plage Copacabana de Rio de Janeiro... aux alentours de 6h du matin.

 

La police n'arrivant qu'à 7h, il était indiqué, sur la brochure expliquant les détails de cette activité, l'importance de m'y rendre avant cette heure matinale. Dans un sens, je me suis dit que cela ne pouvait être que bénéfique, je profiterai ainsi du lever de Soleil.

Notre appartement donnant sur une rue perpendiculaire à la plage, premier bloc, j'y suis rendu en moins de 4 minutes.

L'activité commence calmement. J'ai le temps de prendre plusieurs de photos de l'aube éclairant le ciel en arrière plan du pain de sucre. Comme ça ne mort pas, je suis les instructions du guide : je range alors mon appareil photo compact dans le petit sac à dos que j'ai emporté et en sors notre appareil photo réflex monté avec le zoom et tente quelques compositions avec le Christ que je vois entre deux immeubles.

A 6h20, je pense avoir assez de photos, mais je souhaite tout de même attendre que le soleil soit un peu plus haut au dessus de l'horizon afin d'avoir une belle lumière rouge sur le Christ.

C'est alors qu'un homme s'approchant de moi mais dont la direction ne coupe en apparence pas l'endroit où je me situe, me demande l'heure. Lui dire le seul mot que je connaisse en Portugais ne l'aurait pas vraiment avancé, je m'approche alors de lui, bras tendu afin de lui faire lire l'heure sur ma montre.

Pour situer un peu les choses, nous sommes au lieu de la plage, à 20 mètres de la promenade longeant la plage d'un côté et quelques 50 mètres de l'océan.

Je vois alors l'homme sortir de sa poche gauche un poignard dont la lame faisait bien dans les 15 cm ! Sans vouloir s'en prendre à mon intégrité physique, il se jette sur moi tentant de rompre la sangle de mon appareil photo qui se trouve autour de mon cou. Je suis alors bousculé en arrière, perdant l'équilibre, mes fesses arrivant dans le sable, mon cou braqué en avant car l'homme tire de son autre main sur la lanière. Il s'y prend à plusieurs reprises, les lames de son couteau n'étant pas vraiment efficaces. Je lui aurais bien passé mon Opinel, mais je l'ai laissé à l'appartement. Je me revois me débattre, avec dans ma tête l'ange et le diable s'acharnant à prendre le contrôle de mon corps. L'auréole m'indique de céder, de ne pas résister si je veux sortir indemne de la situation tandis que le trident à queue pointue hurle de résister m'accrochant coute que coute à mon appareil réflex, celui qui nous a jusqu'ici été d'un service exemplaire. Le démon qui est en moi semble prendre le dessus, même si je suis toujours en dessous de l'homme qui continue à tenter de couper le cordon. Puis la lanière semble ne plus être autour de mon cou, toujours entière, elle se retrouve, comme l'appareil dans son ensemble, entre mon agresseur et moi. Je ne sais plus trop si c'est moi qui tient l'appareil dans les mains et lui qui tire sur la sangle ou l'inverse, toujours est-il que l'appareil est tiré dans un sens puis dans l'autre. Je me revois, après avoir eu la réflexion que son couteau n'avait pas l'air très aiguisé, avoir pris la lame à pleine main gauche afin d'avoir une prise pour l'écarter. Ma main s'en souviens encore aujourd'hui.

Je revois également, sur la promenade, les joggers matinaux s'arrêter et regarder la scène se dérouler devant leurs yeux, surement alertés par les cris que je pousse. L'un, passant par hasard à quelques mètres de nous sur la plage, tenta bien de lancer du sable sur nous sans grand succès.

Puis, je ne sais pourquoi, mais d'un coup mon agresseur abandonne et s'enfuit sur la plage, me laissant dans le sable avec mon appareil photo toujours dans mes mains. "Je l'ai" me dis-je victorieux, mais encore tout abasourdis par ce qui vient d'arriver. Mon appareil est plein de sable. Moi qui suis extrêmement pointilleux lorsqu'il s'agit de mes affaires, qui plus est d'appareils électroniques...

C'est alors que je me mets à courir à sa poursuite sur la plage pour tenter de le prendre en photo. Mais je me dirige finalement vers la rue à la recherche de la police. Pour résumer la fin, je trouve un agent qui m'indique un restaurant dans lequel je peux rincer ma main légèrement (très légèrement) blessée. Puis il me dit que je peux porter plainte ou rentrer chez moi. Ayant déjà visiter la police Argentine, je me dis qu'il n'y aura certainement pas beaucoup de différences avec celle brésilienne et comme au final, rien ne m'a été volé, je décide de rentrer au plus vite me faire réconforter par ma petit famille surement en train de se réveillée à l'heure qu'il est. Les filles seront très attentionnées pour leur papa qui a malencontreusement glissé dans le sable, se blessant à la main en tentant de se rattraper à une barre métallique... (Chut !)

En visualisant l'heure de prise de vue des photos effectuées sur la plage, je vois que la dernière photo du Christ date de 6h20. Celle que j'ai prise, au loin, de mon agresseur une fois en fuite, date elle de 6h24. La scène aura donc durée moins de 4 minutes, moins de temps qu'il vous sera nécessaire pour lire cet article. Une éternité dans mon souvenir.

La matinée sera consacrée au nettoyage de l'appareil photo. Dans la bataille, le reflex a légèrement souffert des tensions qui lui étaient portées mais j'arrive à les "réparer". L'objectif est indemne, du moins en apparence, j'espère que les optiques n'ont pas trop souffert.

Je revois encore dans certaines pensées le spectre de l'homme arrivant sur moi en sortant le couteau de sa poche. Et c'est dingue, mais dans ces cas, on culpabilise en se disant que l'on a été imprudent de sortir à cette heure-ci avec du matériel aussi "sophistiqué et voyant" dans une ville telle que Rio. "Enfin, Cyril, tout le monde le sais qu'il ne faut pas s'aventurer ainsi. Tu l'as vraiment cherché, c'est ta faute..." dit une vois que j'imagine être celle de ceux qui savent tout.

Afin de conclure l'épisode, il faudra que je recontacte l'agence "Sensationas fortas" afin de les remercier et également de leur conseiller d'aiguiser un peu leurs couteaux ou de remplacer leur matériel car à observer avec minutie la sangle de l'appareil photo, celle-ci ne possède au final aucune entaille.


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Commentaires utilisateurs (3) Fil RSS des commentaires
Posté par Mél P, le 06-06-2009 15:15, , Invité
1. Hé ben!!
Que de péripéties dans votre voyage!!!!!!! 
On pense bien fort à vous, et aux dangers que vous saurez contourner!!! 
Bisous 
Mél
 

Posté par stephane Bry, le 08-06-2009 09:59, , Invité
2. ca donne envie
Je me doute bien que c'est pareil en France lorsqu'on es ballade dans des coins sans personne avec une tête de touriste mais ces quelques péripéties de l'Amérique latine ne me donnent vraiment pas envie d'y mettre les pieds. 
 
Il me faudra donc certainement du temps pour y aller un jour car il serait dommage de louper toutes ces choses que je ne connais pas encore de ces contrées. 
 
Portez vous bien.
 

Posté par Cyril, le 08-06-2009 22:58, , Invité
3. Justement, faut pas s'arrêter à ça
Justement, si tu penses ça, tu ne fais plus rien de ta vie, tu ne prends plus la voiture de peur d'avoir un accident, tu n'allumes plus la gazinière de peur d'une explosion et tu ne montes plus à Paris de peur de de faire voler. 
Pour être tout à fait honnête, je pense qu'en ayant respecté la règle de ne pas aller sur la plage avant 7h, ben j'aurais rien eu. 
Avec des si... 
Non, franchement, il ne faut pas s'arrêter à ça, sinon tu ne verra pas toutes les merveilles et richesses de ce monde si merveilleux ! 
Je ne voulais pas faire de censure par rapport à mes articles et à ce qu'il nous arrive, mais vraiment, mon article n'a certainement pas pour ambition de faire peur.
 

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